Notre capacité à se glisser dans des échelles et des mondes jusque là inabordables, du micro au macro, établit une perméabilité entre ces mondes et le nôtre. Les images et produits générés par les sciences et les nouvelles technologies s’inscrivent dans une perspective qui redéfinit un espace à investir au delà des limites habituelles et physiques. Se repose alors les ques­tions du voir, du visible et leur limites réciproques ; voyons-nous tout ce qui est visible ? (...) Il y aurait du visible que nous ne verrions pas, ou bien au contraire quelque chose d’invisible (un autre monde) qui serait rendu visible dans certaines circonstances ? (1). 

 

De plus, le problème de la matière et de sa définition se posent encore et toujours. En tant qu’artiste, physiquement, cette matière induit une attitude, une forme. J’utilise des procédés de citation, de réappropriation, et tente par des assemblages, d’accéder à quelque chose d'autre. Poser de petites billes aimantées sur une météorite et offrir aux visiteurs la possibilité d’intervenir de manière sensible sur un tel objet (Sidérite, 2013), peuvent générer des réflexions d'ordre  symboliques et éthiques sur l’espace et son occupation. Nanocosmos présente des maquettes de nanotubes de carbone imprimées en 3d assemblées par des chewing-gums. L’ensemble est posé sur un tapis-socle constitué de mousses recyclées qui déjoue son identification. La précision de l’impression 3d et le côté high-tech du sujet sont ainsi mis à l’épreuve dans l’organisation matérielle de la pièce. Le hasard, le bricolage et la fragilité s’in­filtrent à l’intérieur d’un système qui tend à les refuser. 

 

En installant un mode de production collaboratif avec des laboratoires et des scientifiques, j’accède à un réservoir d’images, de matériaux et de procédés. Cela me permet d’établir des détournements qui évoquent la question de la technique et de ses objectifs. Une tentative de synthèse entre une exigence scientifique et une expérience sensible qui interroge aussi la question du progrès. C’est aussi une tentative de représentation des échanges, avec de fait, des notions sous-jacentes de flux, de partage et d’information. Une large part de mon travail consiste en la recherche de matériaux et de techniques, Ce travail d'abord sous-terrain agit comme un leitmotiv et me guide dans mes choix de formes.

 

La notion du vivant qui traverse bon nombre de mes pièces est une force plus spontanée génératrice de formes modulables, transformables, évolutives. C’est le cas par exemple de la série des Structures, qui posent un cadre en même temps que des points d’accroche où viennent se greffer des objets ou des matériaux trouvés à l’instar de plantes qui colonisent un nouvel espace. De la même manière l’utilisation des wafers solaires de silicium polycristallins, obtenus en faisant stopper la chaîne de production d'une usine allemande, est variable et mute en fonction des espaces et matériaux disponibles. Ainsi des impressions 3d d’enzymes, réalisés à partir de modèles composés par des étudiants de médecine de l’Université de Toulouse, s’installent au gré de mes intuitions formelles. De là, la pratique en atelier joue un rôle important qui me permet de composer des pièces qui peuvent se réinterroger et se repenser en fonction d'un espace et d'une situation. 

 

(1)Cauquelin Anne, À l’angle des mondes possible. Ed. Puf, 2010


Our ability to slip into previously unattainable scales and worlds, from micro to macro, establishes a permeability between these worlds and our own. The images and products generated by science and new technologies form part of a perspective that redefines a space to be occupied beyond the usual and physical limits. Then the concepts of seeing, that which is visible, and their reciprocal boundaries are readdressed; do we see all that is visible? (...) Would there be something visible that we do not see, or on the contrary something invisible (another world) that would be made visible in certain circumstances? (1).

 

Moreover, the issue of matter and its definition still and always arises. As an artist, physically, this material entails an attitude, a form. I use the process of citation, of reappropriation, and try, through assemblies, to access something else. Laying small magnetic balls on a meteorite and offering visitors the opportunity to interact with such an object through their senses (Siderite, 2013) can generate symbolic and ethical reflections on space and its occupation. Nanocosmos presents models of carbon nanotubes printed in 3D assembled by chewing gums. The set is placed on a floor mat made of recycled foams which foils its identification. The precision of 3D printing and the high-tech aspect of the subject are thus put to the test in the material organization of the work. Chance, do-it-yourself, and fragility pervade a system that tends to refuse them.

 

By establishing a collaborative production method with laboratories and scientists, I access a stock of images, materials, and processes. This allows me to create diversions that raise the subject of technique and its objectives. An attempt at a synthesis between a scientific requirement and an experience of the senses which also questions the concept of progress. It is also an attempt to represent exchanges, with in fact, underlying notions of flow, sharing, and information. A large part of my work consists of the search for materials and techniques. This hidden work acts as a recurring theme and guides me in my choice of forms.

 

The notion of the living being, which traverses many of my works of art, is a more spontaneous force that generates adjustable, transformable, and evolutionary forms. This is the case, for example, with the Structures series, wherein the structures provide a framework as well as points of attachment where objects or found materials such as plants that colonize a new space attach themselves. In the same way, the use of polycrystalline silicon solar wafers, obtained by stopping the production line of a German factory, is variable and changes according to available spaces and materials. Thus 3D prints of enzymes, created from models made by medical students at the University of Toulouse, are arranged according to my formal intuitions. From there, workshop practice plays an important role, allowing me to create works of art that can be re-examined and rethought according to a space and a situation.

 

 

(1) Cauquelin Anne, at the angle of possible worlds. Ed. Puf, 2010


Vit et travaille à Lyon

Lives and works in Lyon

 

>> Expositions personnelles / Solo shows

 

2013  

Matière noire, Centre des Humanités de l’INSA, Lyon

Archisimple, Sens unique, Castres

Le bonheur, collège Jean Perrin, Bezier. 

2012  

Résidence 15 avec le soutien de la Région Basse Normandie

 

>>Expositions collectives / group shows

 

2016

We wil see, Konnektor, Hanovre, allemagne

Rethink art digital international festival, Rethymno, Grèce

2015

Parcelles, Résonance Biennale de Lyon, avec Documents d’artistes Rhônes-Alpes.

Etre et avoir 2, La collection d’Hubert Duprat, Hôtel Rivet-ESBAN, Nîmes

2013

Nuit résonance, Biennale de Lyon, avec Document d’artistes Rhône Alpes

Exposition de Noel, le rendez-vous de l’art contemporain avec le Magasin, centre national d’art contemporain, Grenoble

Archisimple, galerie Sens-unique, Castres

Pelouse Interdite, La ruche, Rouen

Liens, Galerie Françoise Besson, Avec Enfance, art et langages. 

2012

Rendez-vous à l’atelier, avec la Région Rhône Alpes, Lyon

15th Subbtle Technologies Festival, Ryerson University, Toronto

Here you are, Fondation Bullukian,Lyon

The End, Hotel Marron de Meillonnas,Bourg en Bresse

2011

L’illusion de..., Centre d’art Bastille, Grenoble

Mind the Gap, IMC5533, Istanbul

2010

Le pire n’est jamais certain, la création à l’épreuve des risques majeurs, avec le Centre Pompidou-Metz, L’ESAMM et le CERAP Université Paris 1, Metz

Glob(E)Scape, dans le cadre de Qui Vive? 2nd Moscow International Biennale for Young Art, Moscou

2009

S x S dans R, Galerie Dohyang Lee, Paris

Le bureau des ouragans, Le lieu Commun, Toulouse

Snap to Grid, LACDA,Center For Digital Art, Los Angeles

Article 19, FRAC Languedoc Roussillon, Montpellier

ATTITUDE, Centre d’art contemporain de Bitola, Macedoine

Playlist, Galerie Xavier Jouvin et le Centre d’art Bastille, Grenoble

Liquid Art and Architecture, NCCA Moscou, Russie

2008

A different look, Galerie Xavier Jouvin avec le Centre d’Art Bastille, Grenoble

Liquid cities and liquid identities,Micro Museum, Brooklyn

2007

Tout les sépare (et pourtant), Artélinéa,avec Maurin et Laspeza, Congénie (30)

 

>>Workshops/résidencies

 

2017

Intervention : conférence et accompagnement pédagogique,

Ecole supérieure d'Aix en Provence,  ESSAIX

2014/2015

Workshop avec les étudiants de l’IFR Langues, INSA, Lyon

2013-14/ 2012-13

Enfance, art et langages. Avec la ville de Lyon et la Drac Rhône Alpes

2011

Résidence 15, l’Usine Utopik, Tessy sur Vire, avec la Région Basse-Normandie

2009

Les chemins de la culture avec le Conseil Général de l’Hérault, Beziers

2005

Artélinéa, Congénie

 

>>Publications

 

2017

Catalogue de l’Exposition We will see, konnektor - Forum für Künste

2013

Creations of Many Minds: Contextualizing Intellectual Property Issues Arising from Collaborations. textes de Robert Thill and Audrey Pic; Adviser: Roger Malina; Developed in Partnership with Arts Active, Léonardo Review

Catalogue de l’Exposition de Noel, le rendez-vous de l’art contemporain avec le Magasin, centre national d’art contemporain, Grenoble

2011

Publication monographique, Résidence 15, éd. Usine utopik

A3, micro-édition, avec le soutien de l’Ecole des Beaux arts de Lyon

La poésie, pourquoi faire? éd. Presses Universitaires de Paris Ouest

2010

Catalogue de l’exposition Le pire n’est jamais certain, ed.ESAMM

Collaborateur de Carppaccio Magazine issue #14, Espagne

2009

Le bonheur, éd. Conseil Général de l’Hérault, 400 ex.

2008

Participation à la revue 04

2005

Participation à la revue Los flamencos No Comen